Cité, densité, intensité
du 26 février au 29 mars 2002


L'insoutenable légèreté de la " densité "

Insoutenable
Tant de passion dans ce mot associé à la ville. En concertation, réaction immédiate des habitants pour y voir entassement, bétonnage, concentration… Il cristallise bien souvent la difficulté de notre société à créer la ville pour ses habitants. Pourtant, se regrouper dans les villages et les bourgs signifiait économie, solidarité, sécurité, échanges, cohésion, vie sociale.
Il signifiait être ensemble. Pensons-nous, à ce point, pouvoir nous en passer ?
En a-t-on abusé dans les villes, dans les cités ? L'affirmation de l'individu par rapport au groupe conduit-elle à ce rejet du collectif, au profit du " chacun pour soi ", illustré par le paysage indifférencié du lotissement ? Alors pourquoi cette nostalgie du village ancien, affirmant au contraire le lien entre les habitants ? S'acharnant à marquer les différences entre bâti et espace libre, entre espace public et espace privé.

Légèreté
" Densité 1,4 " ! Le mot, indicateur urbanistique devenu qualificatif, pèse peut-être plus lourd dans nos têtes que dans la réalité. Une culture plus humaniste et démocratique de la ville lui donnerait sans doute d'autres sens : répartition de l'espace sur le territoire, nature des lieux, relations entre les hommes.

Penser en termes de flux, de dynamique entre plein et vide, organisation de l'espace, diversité des combinaisons, variété des perceptions, déplacements nous permet peut-être de voir au-delà du simple chiffre pour se libérer de son poids et explorer sa partie cachée. Quels rapports entre densité et diversité des formes urbaines ? Existe-t-il une " masse critique " d'occupation de l'espace ? Est-il sage ou nécessaire d'économiser l'espace ? Quel rapport aux questions environnementales ?

Cité, densité, intensité
Nous nous proposerons, dans ce mois de l'architecture, de dépasser ce mot " densité " qui, s'il évalue une situation comptable de l'espace utilisé, ne restitue en aucun cas la richesse des attitudes voulues ou vécues pour évoluer dans un territoire. Alors peut-être, en cherchant à comprendre la ville à travers lui, atteindrons nous ce qui, finalement, nous touche en tant qu'être vivant : " l'intensité ".
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